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Publié le 5 août 2026

Salaires minima ciné et pub : pourquoi ta grille n'a pas bougé au 1er juillet

Une revalorisation des minima de la production cinématographique et publicitaire circule depuis le début de l'été. Elle est demandée, pas accordée. Voici l'état réel du dossier et le calcul d'inflation qui le motive.

Rien n'a été signé

Commençons par le point qui compte. Au 5 août 2026, aucune revalorisation des salaires minima de la production cinématographique et de films publicitaires n'a été signée. Ce qui existe, c'est une demande du SNTPCT, adressée aux syndicats de producteurs par courrier du 27 mai 2026, avec inscription à l'ordre du jour de la commission paritaire permanente.

La réponse des organisations de producteurs a été reportée au mois de juillet, et le syndicat n'en publie pas la teneur. Le dossier est donc en discussion, pas applicable. Si on te dit sur un plateau que la grille a augmenté cet été, demande le texte.

Source : SNTPCT, demande de revalorisation au 1er juillet 2026 (11 juillet 2026)

Ce qui est demandé, et le calcul derrière

La demande porte sur 11 %. Ce chiffre n'est pas sorti d'un chapeau, il additionne deux choses. D'abord l'inflation de la période récente : l'indice INSEE de référence est passé de 100,06 en octobre 2025 à 102,24 en avril 2026, soit 2,18 %. Ensuite le retard accumulé depuis mars 2024, chiffré à 8,85 % par le syndicat. Les deux réunis donnent les 11 %.

Le mécanisme mérite qu'on s'y arrête. Une grille est un montant en euros, figé le jour de sa signature, pendant que les prix continuent de monter. Entre deux revalorisations, ton minimum perd donc de la valeur sans que personne n'ait rien décidé. Le rattrapage demandé mesure cet écart.

Le syndicat propose de l'étaler sur dix-huit mois : 5 % au 1er juillet 2026, 4 % au 1er janvier 2027, 2 % au 1er juillet 2027.

Source : SNTPCT, détail du calcul et du calendrier proposé

En euros, sur une fonction précise

Prenons le chef électricien de prise de vues, puisque c'est une fonction repère. Dans la grille applicable au 1er janvier 2026, son minimum conventionnel est de 1 211,99 € par semaine sur la base de 39 heures, soit un salaire horaire de base de 30,30 €. Dans la même grille, le SNTPCT chiffre sa propre revendication à 1 320,46 € par semaine, soit 33,01 € de l'heure.

Ces montants valent pour le cinéma comme pour la publicité : la convention couvre les deux et, à l'exception du réalisateur de films publicitaires, les techniciens relèvent d'une grille commune.

Attention au piège : ces deux colonnes se suivent dans le même document, et beaucoup de chiffres qui circulent sortent de la seconde. Une grille réévaluée par un syndicat reste une revendication, elle n'est opposable à personne. Si un taux te paraît élevé pour ta fonction, demande de quelle colonne il vient et à quelle date.

Source : SNTPCT, grilles des salaires minima applicables au 1er janvier 2026 (PDF)

Pourquoi une grille met un an à s'appliquer

La revalorisation précédente donne l'ordre de grandeur. L'accord date du 26 mars 2025. Les entreprises adhérentes aux organisations signataires l'ont appliqué dès le 11 avril 2025. Pour toutes les autres, il a fallu attendre l'arrêté d'extension, publié au Journal officiel le 17 janvier 2026.

Neuf mois entre la signature et l'obligation générale. C'est pour ça que « c'est voté » ne veut pas dire grand-chose ici. Trois étapes se suivent : un accord signé, une application volontaire chez les adhérents, puis un arrêté qui l'impose à tous. Tant que la troisième n'est pas franchie, une production non adhérente reste dans son droit en appliquant l'ancienne grille.

Source : Convention collective de la production cinématographique, IDCC 3097 (Légifrance)

Le 25 % n'est pas une augmentation

Ce pourcentage revient souvent dans les conversations, et il désigne autre chose. La convention garantit les minima sur la base de 39 heures : 35 heures au taux horaire de base, plus 4 heures majorées de 25 %.

Ces 25 % sont une règle de structure, déjà comprises dans le montant hebdomadaire de la grille. Elles ne s'y ajoutent pas et ne bougent pas lors d'une revalorisation. À ne pas confondre avec les majorations d'heures supplémentaires au-delà de la 39e, ni avec le doublement au-delà de la dixième heure travaillée dans la journée.

Source : Avenant au titre II de la convention collective de la production cinématographique

Ce que tu peux en faire dès maintenant

Un minimum conventionnel est un plancher, pas un tarif. Sur la publicité, les taux réellement pratiqués dépassent souvent de moitié la grille. Ces tarifs d'usage circulent entre chefs de poste, mais ils ne figurent dans aucun texte et personne ne peut les opposer à une production. Le minimum, lui, est le seuil en dessous duquel un devis est illégal.

Vérifie aussi la convention réglée dans ton outil de suivi. Une convention mal choisie fausse tous tes bruts sans qu'aucun message ne te prévienne.

Source : SNTPCT, grilles de salaires minima techniciens en vigueur

Sources