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Le cachet : valeur, plafond et pièges de déclaration

Le cachet est l'unité de compte des artistes, et la source d'à peu près toutes les erreurs de compteur. Sa conversion en heures a changé, son plafond mensuel est méconnu, et la case cochée par l'employeur ne veut plus dire ce qu'elle voulait dire il y a dix ans.

En bref. Un cachet vaut 12 heures pour le compteur 507 h, isolé ou groupé, sans exception. Le plafond est de 28 cachets par mois civil. Il faut donc 43 cachets pour franchir les 507 heures, et les répétitions payées s'ajoutent en plus.

Un billet de spectacle, une horloge et un jeton symbolisent la conversion d’un cachet en heures.
Le cachet est une rémunération de spectacle avec une règle précise pour l’affiliation.

Ce que le cachet est, et ce qu'il n'est pas

Le cachet est un mode de rémunération forfaitaire : on te paie une prestation, pas un nombre d'heures. Tu peux répéter quatre heures et jouer une heure trente, le cachet reste le cachet. Cette logique tient jusqu'au moment où il faut convertir une saison en heures pour l'assurance chômage. C'est là que le régime pose sa propre équivalence.

La règle actuelle : 12 heures, dans tous les cas

Le guide de France Travail est explicite : un cachet est comptabilisé à hauteur de 12 heures quelle que soit la qualification donnée par l'employeur sur l'attestation, et quelle que soit la durée du contrat pour les déclarations passant par le GUSO.

Il faut insister, parce que l'ancienne règle est encore partout. Pendant des années, un cachet isolé valait 12 heures, mais un cachet groupé n'en valait que 8. Était groupé tout cachet couvrant une période d'emploi d'au moins 5 jours continus chez le même employeur. Beaucoup de sites, de fiches syndicales et de conseils de tournée reprennent toujours ce barème. Il ne s'applique plus depuis le 1er août 2016. Si tu tiens tes comptes avec, tu te sous-estimes d'un tiers sur chaque cachet groupé, donc sur toutes tes séries et toutes tes tournées.

L'ancienne règle, avant le 1er août 2016Ce qui s'applique
Cachet isolé12 heures12 heures
Cachet groupé, au moins 5 jours continus chez le même employeur8 heures12 heures

La case « isolé » ou « groupé » continue d'exister sur les documents d'employeur, et elle garde un sens du côté de la paie. Mais pour tes droits, elle ne change plus rien. Inutile de négocier la qualification dans un sens ou dans l'autre : le compteur ne la verra pas.

Un jeton de spectacle violet se décompose en douze segments horaires réguliers.
Pour l’affiliation, un cachet produit la même équivalence de douze heures quelle que soit sa qualification.

Le plafond des 28 cachets

Un mois civil ne peut pas rapporter plus de 28 cachets, soit 336 heures. Une tournée très dense, deux services par jour pendant trois semaines, bute sur ce plafond sans que rien ne te le signale au moment où tu signes.

Quand ta période de référence ne couvre qu'une partie d'un mois, ce plafond est proratisé :

Annexe 10 : (28 / 20,8) × jours calendaires du mois compris dans la période
Des jetons de cachet alignés sur un calendrier sont arrêtés par une limite mensuelle.
Le décompte mensuel s’arrête au plafond applicable même lorsque davantage de cachets ont été travaillés.

Combien de cachets pour ouvrir des droits

CachetsHeuresOù tu en es
20240 hMoins de la moitié du chemin
30360 hIl manque encore 147 h, soit 13 cachets
42504 hTrois heures sous le seuil. Rien n'est ouvert
43516 hSeuil franchi

Le cas des 42 cachets n'est pas une hypothèse d'école : c'est un classique de fin de période, et il se joue à un cachet. D'où l'intérêt de compter en continu plutôt qu'en décembre.

Conversion des cachets en heures Vingt cachets valent 240 heures, trente valent 360 heures, quarante-deux valent 504 heures et restent sous le seuil, quarante-trois valent 516 heures et le franchissent. seuil 507 h 20 cachets240 h30 cachets360 h42 cachets504 h43 cachets516 h
Un cachet vaut 12 heures, quelle que soit sa qualification sur l'AEM. Il faut donc 43 cachets pour franchir le seuil : à 42, il manque trois heures.

Ce qui s'ajoute aux cachets

Les répétitions sont le poste le plus souvent perdu, parce qu'elles sont fréquemment considérées comme « comprises dans le cachet ». Si elles ne sont ni déclarées ni payées comme telles, elles ne rapportent aucune heure.

Cas pratiques

Cas pratique 1 : Les 42 cachets de décembre

Inès, musicienne, arrive fin novembre à 40 cachets, soit 480 heures. Elle calcule avec l'ancien barème, compte ses douze dates de série en groupé à 8 heures et se croit à 432. Elle accepte deux dates supplémentaires mal payées « pour la sécurité », puis décline une résidence de création faute de place dans l'agenda. Elle termine à 42 cachets : 504 heures. Trois heures sous le seuil.

Ce que ce cas montre : compter avec une règle obsolète ne rend pas prudent, ça déplace les décisions au mauvais endroit. Avec le bon barème, elle savait dès novembre qu'un seul cachet suffisait, et la résidence, mieux payée et créditée en heures réelles, devenait le choix évident.

Cas pratique 2 : La tournée qui dépasse le plafond

Malo joue un festival en juillet : 31 dates dans le mois, même employeur. Il compte 31 × 12 = 372 heures. France Travail en retient 28 × 12 = 336 heures. Trente-six heures évaporées, sans erreur de personne.

Ce que ce cas montre : le plafond mensuel punit la concentration. Trois dates déplacées au 1er août auraient été intégralement comptées. Quand un planning se négocie encore, la question « ce bloc tombe sur quel mois civil ? » vaut de vraies heures, surtout en fin de période de référence.

Cas pratique 3 : Les répétitions fantômes

Un collectif engage Sarah pour six représentations, avec trois semaines de répétitions en amont. Le contrat prévoit six cachets et mentionne les répétitions comme incluses. Compteur : 72 heures. Si les répétitions avaient été déclarées et payées, une centaine d'heures s'ajoutaient.

Ce que ce cas montre : « les répétitions sont dans le cachet » est une formule de production, pas une règle de droit. Les heures de répétition sont retenues quand elles sont déclarées et payées. Cela se discute à la signature, jamais après : une fois l'attestation émise, il faut demander une correction, et l'employeur n'a plus aucune raison de la faire.

Vérifier ses cachets sans y passer la soirée

  1. Compte tes dates réellement jouées dans la période, employeur par employeur.
  2. Multiplie par 12, puis applique le plafond de 28 par mois civil.
  3. Ajoute les répétitions et résidences déclarées et payées, en heures réelles.
  4. Compare ce total aux attestations reçues. Chaque date sans attestation est une réclamation à lancer tout de suite.

Questions fréquentes

Combien d'heures vaut un cachet en 2026 ?

Douze heures. Le guide France Travail indique qu'un cachet est comptabilisé à hauteur de 12 heures quelle que soit la qualification donnée par l'employeur sur l'AEM, et quelle que soit la durée du contrat pour les déclarations passant par le GUSO.

Quelle différence entre un cachet isolé et un cachet groupé ?

Pour le calcul des 507 heures, aucune : les deux valent 12 heures. La qualification reste portée sur l'attestation mais elle ne change plus le nombre d'heures retenues pour tes droits.

Combien de cachets peut-on déclarer par mois ?

Le nombre de cachets retenus est plafonné à 28 par mois civil, soit 336 heures. Au-delà, les cachets supplémentaires du même mois n'augmentent plus ton compteur.

Les répétitions comptent-elles en plus des cachets ?

Oui. Pour les artistes, France Travail retient en plus des représentations les heures de répétition déclarées et payées par l'employeur, ainsi que les heures de création en résidence quand elles visent la production d'un spectacle.

Combien de cachets faut-il pour atteindre 507 heures ?

Quarante-trois cachets, puisque 43 × 12 = 516 heures. Quarante-deux cachets ne donnent que 504 heures, soit trois heures de moins que le seuil.